Accepter sa maladie #8

      Aujourd’hui je reviens pour vous parler d’un sujet sensible, mais qui me tient très à coeur : comment accepter sa maladie.

J’ai découvert que j’étais diabétique à l’âge de 20 ans, alors que je venais de passer le bac, que je commençais mes études. A ce moment là,  j’étais en vacances avec ma famille. Mais je vous raconterai tout cela dans un autre article. Quelques années plus tard, alors que mon diabète est plutôt stable,  je suis enfin salariée,  mariée, j’apprends que je suis atteinte d’hypothyroïdie.

Comment suis-je arrivée à accepter la maladie ? Faut-il se faire aider ? Pourquoi est-il important de lâcher prise et de faire de sa maladie une amie et non un énemi ?

accepter sa maladie

Ce sont à ces questions délicates que je vais tenter de répondre au cours de cet article, en vous expliquant mon vécu et ma petite expérience dans ce domaine.

Tout d’abord, je ne me porte pas du tout en exemple,  je veux simplement vous apporter quelques conseils car nous avons beau avoir nos proches autour de nous qui nous soutiennent,  même si ce n’est malheureusement pas toujours le cas, mais il reste une vérité qui nous suivra toute la vie : nous sommes seuls face à la maladie, celle-ci ne concerne que vous et personne d’autre. On aura beau vous donner tous les conseils de la terre entière,  ça ne changera rien a la situation, la maladie, c’est une histoire personnelle,  celle de votre corps et de votre âme et il va falloir que vous trouviez une certaine adéquation pour pouvoir vivre avec.
Vous savez,  dans un couple c’est un peu pareil,  on voit son conjoint tous les jours de sa vie, pour le meilleur et pour le pire comme on dit, mais si l’on veut vivre ensemble sans se taper dessus, il faut trouver un équilibre. La différence majeure entre un couple et vous et la maladie c’est que la maladie, on ne la choisi pas : elle s’impose à nous.

Et c’est ça qui est tellement difficile à accepter. La maladie, elle nous tombe dessus sans qu’on ait rien demandé.  On a pas la choix. On était bien, heureux, ou encore innocent, ou au contraire, mal dans sa peau et là on apprend la nouvelle. Cette maladie qui a pris possession de nous. Le choc est rude. Il faut du temps pour digérer la nouvelle.

Il y a plusieurs attitudes que l’on adopte  dans ce cas.  On peut refuser tout d’un bloc, on ne veut pas se soigner, ou on veut faire comme on en a envie. Dans mon cas ça ne s’ est pas du tout passé comme ça…

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Je suis d’un naturel optimiste, gaie et souriante. Pour moi la nouvelle n’a pas eu l’effet d’une bombe…enfin pas tout de suite. Dans un premier temps,  j’ai souri devant les amis et la famille. J’ai fais comme si de rien n’était, je ne voulais pas qu’ils soient malheureux pour moi. J’ai encaissé sans broncher. J’ai suivi les traitements, j’ai été très bonne élève a l’hôpital, le service m’aimait beaucoup et je ne me plaignais jamais ou très peu.

Puis, il a fallu que je retourne chez moi, à mon quotidien, ma routine. Et c’est là que les choses se sont dégradées. Au début tout allait bien, on s’occupait de moi, on veillait sur moi… puis quelques temps après j’ai commencé à réaliser ce qui m’arrivait. J’ai réalisé que je n’étais plus libre comme avant. Je devais anticiper tous mes déplacements, anticiper la nourriture, gérer mes glycémies, mon alimentation, gérer les hypo, les hyper, les piqures… et c’est à ce moment là que je me suis demandée mais pourquoi moi ? Pourquoi il a fallu que ça me tombe dessus ?

Cette question, personne n’y a jamais répondu, et personne ne pourra jamais vous répondre. Par contre, vous allez devoir apprendre a vivre avec cette question en vous, vivre avec votre maladie, porter votre croix. Nous avons tous une croix à porter au fond de nous. Mais nous sommes tous capable de la porter. Pour certains cela prend la forme d’une maladie, pour d’autres cela peut être des problèmes familiaux, des soucis au travail, dans son couple, des gens qui nous blessent, de la rancoeur, des rêves brisés…

Mais si on veut continuer a avancer, il faut parvenir à dépasser tout cela, dépasser ne veut pas dire oublier. Je n’oublie pas que la maladie est la. Au contraire, elle est présente dans ma vie, elle me colle a la peau. Oui Mais je vis avec,  je la considère, elle fait partie de moi.  Elle me pousse a être plus forte, a apprécier chaque instant de ma vie…

Comment parvient-on a cela ?

accepter sa maladie

Il faut du temps, du temps, et encore du temps… il faut en parler, rencontrer des personnes atteintes de la même maladie, se faire aider psychologiquement si on en sent le besoin. Car sinon une maladie peut vite vous gâcher la vie. Et cela serait dommage non ? Car on a qu’une vie...
Nous sommes seuls face a la maladie, mais les gens sont nombreux autour de nous, prêts à nous aider et il y a plein de possibilités  de se faire aider.

Pour ma part, mon mari a toujours été là pour moi et m’a soutenu depuis le début. Il a été un grand réconfort et une aide immense. Mais ce n’est pas à lui de porter MA maladie, c’est à moi.
C’est à vous de trouver votre équilibre. La maladie ne va pas vous apporter que du malheur. La maladie va vous dévoiler une autre facette de la vie. Elle va vous apprendre à mûrir peut être plus vite, à mieux vous connaître, connaître vos limites.

Si nous portons cette maladie, quelque part quelqu’un d’autre est épargné.

Il ne faut jamais jamais comparer sa maladie à celle des autres. Chaque maladie est personnelle et notre rapport avec est différent.
Il faut rapprendre à vivre avec et non sans.

Pour vous donner un exemple, voici ce que je pense à chaque fois que je songe au diabète et a l’hypothyroïdie

Le diabète… m’a fait découvrir que quoiqu’il arrive, ma famille sera toujours là pour moi, que j’ai des amis sur qui je peux compter, un mari merveilleux prêt à tout pour m’aider. M’a fait découvrir que dans la vie TOUT est important. Chaque petite chose compte. Depuis que je suis diabétique, je savoure le moindre petit moment de bonheur. Je mesure la chance que j’ai  d’être la… Je vis un peu plus au jour le jour, si j’ai envie de me faire plaisir, je le fais. Si une opportunité se présente, je la prend. J’ai ouvert ce blog sous le coup d’une impulsion, je l’ai suivie.
Au boulot, je m’implique a fond mais je prend le temps. Je prend du temps pour moi, si je suis fatiguée, je me repose, je prend des jours. Si je ne vais pas bien,  planifie mon emploi du temps en conséquence.

Bref, avec la maladie, la vie change, mais pour moi elle ne change pas dans le mauvais sens.

Ne laissez pas cette fichue maladie vous prendre, vous accaparer, faites en une amie, quelque chose qui vous lie à des gens, quelque chose qui vous fait voir la vie d’un autre angle

Voilà mes conseils, mon vécu, mon cheminement

Je m’excuse pour cet article qui est parti un peu dans tous les sens, j’ai laisser mes mains voler au dessus du clavier au fur et à mesure que les mots me venaient !

J’espère que cet article pourra en aider certains, je vous engage à ne pas hésiter à me poser des questions par commentaires, par la rubrique Contact, ou sur facebook ! J’y répondrai avec plaisir !

Prenez soin de vous !

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18 commentaires sur « Accepter sa maladie #8 »

  1. Beau témoignage!
    Je vois tout le temps avec le sourire sur tes photo de blog et tu es magnifique. Et c’est super que tu as pu apprivoiser ta maladie et que surtout il ne t’a pas enlevé ce beau sourire.
    Continue à nous partager ton énergie et ton beau sourire. J’adore! Bonne nuit 😀

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  2. Très bel article dans lequel toute personne peut se retrouver. Pour ma part hypothiroidienne depuis 12 ans, j’ai été et reste encore quelques bribes anorexique (il y a deux ans j’ai fait vivre un enfer a ma famille car j’était à 37 kg pour 1m69, deboitement de la hanche et etc) et on a découvert l’an dernier que j’était opk ce qui complique notre projet d’avenir avec mon chéri car je serai obligé de prendre un traitement en plus…. Et tout ça sans parler du 3e cancer de ma maman et de l’handicap de mes 2 parents…bref la maladie je connais et c’est vrai faut l’accepter 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton témoignage Laurene, tu es un exemple de courage et de détermination ! Je te souhaite bon courage dans toutes ces épreuves, je t’admire d’arriver à gérer tout cela !!

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      1. C’ est gentil de penser cela 🙂 mais tu sais je pense que justement parler librement avec des personnes ouvertes qui connaissent cette situation de »vivre avec la maladie » donne aussi pas mal de courage, et permet d’être optimiste. Je ne me prends pas non plus comme exemple mais si on peut partager une expérience avec quelqu’un et lui montrer que la vie est belle malgré tout alors c’est déjà une très jolie avancée, un sourire de gagné et parfois une amitié.

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  3. A la lecture de ton article, mon cœur se serre et en même temps il se met à gonfler de tout l’amour que j’ai pour toi Belle Diane … Et oui, je revois nos retrouvailles avec ce sourire magnifique et ce diabète qui te pique au sens propre comme au sens figuré …. Pas d’apitoyement sur ton sort mais une ferme intention de vivre en l’intégrant efficacement à ta vie quotidienne …. Puis ta thyroïde se met à faire des siennes et passé le choc de l’annonce de cette nouvelle maladie , tu prends ta vie en mains et te voilà en petite tenue Nike dans les rues de Lyon 😘😘😘 Elle est trop forte ma Diane chérie !!!!!!!
    Je suis en admiration devant ton courage, ta sincérité , ta joie de vivre et la beauté que tu mets dans chaque jour de ma vie et de ceux qui ont le bonheur de te connaître …. Bravo mon Dianou 💕💕💕💕

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  4. J’avais une copine diabétique qui ne pouvait pas manger de gâteau d’anniversaire, de bonbons et de sucreries. Pourtant, tous les enfants de son âge adorent ça mais pour elle, la réalité la rattrapait en permanence … du coup, je me dis que quand on est en bonne santé, on n’a pas le droit de ne pas profiter de la vie, de la chance qu’on a de ne pas être contraint par une maladie que l’on n’a bien sûr pas choisi et qui nous suit néanmoins toute notre vie. Super témoignage en tout cas ! celui d’une fille battante qui ne s’apitoie pas sur son sort.

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  5. C’est beau, c’est juste, c’est touchant !
    Moi je le cherche encore, le chemin de l’acceptation après 11 ans de T1D. Alors je t’avoue que tout conseil sera le bienvenu ! Je sais qu’il faut du temps mais j’ai l’impression de faire du surplace…

    Félicitations pour ton optimisme et ta joie de vivre !

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  6. Bonjour à toi et merci de ta visite sur mon blog ! Oui, l’acceptation c’est un processus long et difficile mais il ne faut pas perdre courage, ne pas hésiter à en parler autour de toi, et surtout… RELATIVISER ! 😉
    Bon courage à toi !!!

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