Bivouac en Chartreuse – (3) #5

… Si vous n’avez pas lu les deux premiers épisodes, rendez-vous ici, et !

Mardi 4 Août : Retour et rebondissements !

     Après cette nuit bien reposante, où j’ai quand même réveillé mon mari quelques fois parce que j’entendais des bruits suspects…, nous nous réveillons pour ma part en pleine forme et pour mon mari… nous devons nous rendre à l’évidence, ses genoux lui font toujours très mal, nous devons arrêter notre randonnée.

Avant de trop réfléchir à ces questions un peu déprimantes, nous prenons le temps de savourer un petit déjeuner conséquent, et nous savons que de toute façon nous pouvons épuiser nos réserves ! Pains au lait, craquottes au chocolat noisettes (une pure tuerie), jus d’orange.

Puis je me cale, les jambes dans le ravin, et les yeux perdus dans les montagnes, je m’imprègne de ce panorama incroyablement apaisant.

Nous rangeons les sacs, défaisons la tente, et le coeur lourd, je dois quitter ce lieu, riche en émotions

tentePuis, pleine d’entrain, j’entame la descente qui va nous mener jusqu’à la ville de Sappey, de là où malheureusement nous devrons arrêter notre périple.

Avant de nous replonger dans la forêt, une vue magnifique encore une fois, où nous prenons quelques photos

DSC_5682vue sur grenoble

Ensuite, nous suivons le GR9 qui nous indique 1h45 avant l’arrivée à Sappey. C’est parti pour cette descente qui va se révéler… riche en rebondissements…!

Le GR9 nous déçoit un peu par le manque de balises et d’entretien des sentiers. Mais mon mari est surtout gêné par les nombreux rochers qui lui demandent de lever son genoux douloureux à chaque pas…

J’ai voulu prendre en photo ces maudits rochers, que pour ma part je trouvais très amusants

rochersLe sentier boisé longe les côtes rocheuses donnant sur le ravin qui surplombe la vallée de Grenoble. De temps à autre, nous avons donc une vue imprenable lorsque les arbres se font plus rares.

Mon mari se bat pour avancer, moi je gambade entre les rochers savourant cette balade car je sais que c’est la dernière…

sappeyPuis quelques gouttes ruissellent sur mon bras et je lève les yeux… un ciel gris menaçant mais cela ne m’inquiète pas, et j’ai raison car la pluie s’arrête quelques minutes plus tard.

Je commence à transpirer de plus en plus, à trembler, j’ai la tête qui tourne, bref, je sens l’hypoglycémie à plein nez ! Mon mari s’arrête alors et me donne de quoi me resucrer rapidement. Pour cela, j’avais à disposition des abricots secs, des bananes séchées, du chocolat et du pain de mie. J’attends encore quelques minutes avant de repartir doucement, le temps que les symptômes disparaissent progressivement.

Nous longeons toujours le ravin, mais soudain mon mari se retourne inquiet, me disant que le sentier est bien trop étroit pour un GR… Nous continuons quand même mais le doute s‘installe sinueusement…

Quelques minutes plus tard, nous décidons de consulter la carte et la conclusion est immédiate : nous nous sommes trompés de chemin et nous sommes allés beaucoup trop loin. Il nous faut soit rebrousser chemin, soit tenter de descendre à tatons à travers la forêt …

rochersMon mari se lance dans la descente à pic, afin de voir si le GR ne se trouve pas un peu plus bas… Alors que je tente de le rejoindre, il me fait signe en souriant, en effet on aperçoit plus bas le reflet blanc des cailloux qui semblent recouvrir un chemin plus bas.

Après une longue descente vertigineuse qui nous broie les orteils et les arbres qui nous griffent, nous arrivons au niveau d’un large chemin recouverts de gros cailloux blancs…

descente en forêtCe chemin ne ressemble pas du tout à un sentier de GR et je suis un peu paniquée.  Nous tentons de le retrouver sur la carte mais peine perdue…

Il faut nous rendre à l’évidence : nous sommes perdus !

Découragée je m’assois sur mon sac. Je suis fatiguée, j’ai chaud sous ce soleil de plomb, le sac me cisaille les épaules et une nuée de mouches me tournent autour (je dois sentir très mauvais).

Nous décidons de prendre à notre gauche car nous avons l’impression que le sentier descend vers le village. Lentement nous repartons incertains, et assoiffés. Après une vingtaine de minutes qui me paraissent des heures, mon mari revient en me disant que le chemin se fini et qu’il s’agit d’une impasse.

Nous voilà bien, il nous reste à faire demi tour et à prendre de l’autre côté en espérant qu’il n’en soit pas de même.

Victoire, après avoir effectué le même chemin en sens inverse, puis continué, nous retrouvons enfin le GR un peu plus loin. Le soulagement et la joie nous prennent, et nous nous asseyons pour reprendre quelques forces. Nous finissons la dernière goutte d’eau de nos gourdes, il est temps d’arriver.

Nous pensions être au bout de nos surprises mais la descente s’annonce bien plus ardue que le reste de la randonnée, en effet elle est à pic, et fait sévèrement souffrir mon mari qui n’en pouvait déjà plus…

Assoiffés, nous rêvons d’une fontaine à notre arrivée…

SappeyEnfin, nous parvenons jusqu’au village et là nous nous désaltérons avec bonheur à la fontaine et nous remplissons nos gourdes. Puis, repérant un café, nous prenons un pot pour nous récompenser.

Je sens déjà la nostalgie qui me prend, et il m’est difficile de poser mon sac et de me dire que c’est déjà fini. Mais je sais que nous prenons la bonne décision. Mon mari ne peut plus faire un pas, et il faut absolument que nous rentrions.

Ce sera le premier stop de ma vie, il fut fructueux puisque nous avons pu rejoindre la gare de Grenoble en voiture, puis le train jusqu’à notre petit chez nous…`

Je garderai toujours en mémoire ces panoramas sublimes, les montagnes me hantent tous les jours par leur absence, mais je sais que quoi qu’il arrive, j’y reviendrai !

Voilà, c’est ici que se terminent mes aventures dans la Chartreuse, j’espère que vous aurez apprécié ces récits, quand à moi cela m’a bien amusé de vous raconter tout cela et de vous partager mon ressenti !

Etes-vous déjà partis en bivouac ? Combien de temps  ? Aimeriez-vous partir et où ?

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9 commentaires sur « Bivouac en Chartreuse – (3) #5 »

  1. Je suis partie plusieurs fois en bivouac donc début juillet sur les traces du GR10 pour 5 jours en autonomie totale également. C’est vraiment dommage pour vous ! Mais c’est vrai que le poids du sac peut s’avérer être fatale en randonnée… En tout vos photos sont sublimes !

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Mélissa ! Tu es partie dans quelle région ? Ca devait être super ! Oui le poids est quelque chose de très important et la prochaine fois nous ferons plus attention ! Merci beaucoup !!

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  2. Quelle aventure ! Contente de voir que vous en avez profité malgré les gros imprévus, ton mari en garde un bon souvenir quand même ?
    J’ai déjà fait des randonnées à la journée donc je connais le « ah non on est perdus », mais je n’ai jamais dormi sur place. Par contre mes parents l’ont fait plein de fois mais leurs histoires me font un peu peur !
    En tout cas c’était très bien raconté, je suivrai avec attention vos futures échappés sauvages 😉

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    1. Bonjour Elise, et merci pour ton commentaire ! Oui c’était une véritable aventure mais je ne regrette rien, même si c’était parfois difficile ! Ca bouscule un peu le quotidien, on prend quelques risques, on se dépasse, mais on est si fier ! Merci pour ton soutien, ça me fait super plaisir !!
      Bisous !

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